EP#2

by L'Envoûtante

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1.
Hé ! Désolé, j'ai pas d'belles phrases pour chauffer les salles, qu'des salles phrases pour péter la fête, qu'des salles thèmes casse-tête, des thèmes casse moral jamais trop fait (en fait) pour bouger la tête Mais j'me régale quand y'a pogo sous la casquette quand y'a tempête, quand j'saigne du nez parce qu'un courant d'art pète la fenêtre de l'air glacial s'engouffre dans ma navette, ça laisse place nette dans les têtes pour de nouvelles comètes. Pourtant j'aime bien moi aussi glander au chaud sous la couette mais les idées barricadées pourrissent de l'intérieur et ça fouette, et puis j'prends pas l'micro comme on tient une fourchette j'ai la dalle à l'estomac, j'met les deux mains dans l'assiette et les pieds dans l'plat ! J'offre ma friche, ma cervelle en bordel et mes pieds dans l'plat j'offre mon modeste anticonformisme à qui l'voudra les pieds dans l'plat, pourtant y'en a qui voudraient finir pénards leur repas hé connard ! Pourquoi tu rap pas en anglais histoire qu'on comprenne pas ? laisse tomber, accroc au brasier, j'ai pas embrassé la poésie pour juste vous souhaiter une bonne soirée. Qu'est-ce tu fais chier avec ton côté punk, straight edge et hard-core passe plutôt du daft punk que ça mette tout l'monde d'accord ! Attends, malgré les apparences, j'veux toucher l'monde et j'vise large mais j'continue d'écrire au stylo rouge et dans la marge. J'offre ma friche, (ma marge) ma cervelle en bordel et mes pieds dans l'plat j'offre mon modeste anticonformisme à qui l'voudra bon ok et qu'est ce qu'on fait d'beau avec tout ça ? ben on dézingue les non-dits pas à pas on ré-aiguise les angles trop arrondis qu'est-ce tu crois on pose ça là entre le super flow superflu des médias et l'silence des vrais combats et si un jour y'a un concourt du plus grand casse-couille des environs mes potes miseront (tout c'qu'ils ont) sur mon esprit d'contradiction et sur ma diction apte pour la dissection des sujets che-lou (à la con) d'mes dissertations J'offre ma friche, (ma marge) (les sujets à la con d'mes dissertations) ma cervelle en bordel et mes pieds dans l'plat j'offre mon modeste anticonformisme à qui l'voudra
2.
Depuis combien d'temps l'humain s'réchauffe à la parole ? Anime son corps, aiguise la nuit sa langue et s'envole avec ces ailes de poésie et de tambour, et martèle de la tête sur l'temps lourd, avec la transe comme essence, blablate jusqu'au p'tit jour revit le même parcours jusque dans ces détours, qu'il improvise son oral ou pas qu'importe il colporte de vielles clefs mais ouvre de nouvelles portes C'est l'éternel renouveau craché dans un micro, frappé sur un tambour d'peau, graffé sur un wagon d'pau, breaké sur son d'salaud, samplé à la bien crado, et au final au p'tit matin repartir sans accrocs avec la même fougue, avec la même verve avec le même verbe, la même gerbe étincelante de couleurs la même énergie, la même allergie à rester asservit quand sévit cette dalle de vie jamais assouvit souvent libère ma bouche, mon rap, j'te jure dézingue les couches de cogites que le cerveau agite crache et balaye, accroche et déblaye mais ne crèche que très rarement sur ces deux oreilles ne prêche pas la mise en veille du cerveau mais l'écoute du corps alors quand la musculature toute entière aspire au hardcore si y'a un dance floor à fracasser on l'fracassera comme une fête païenne et la scène brulera. Avec une batterie et une voix, une étincelle de quelques secondes, rallumer un feu vieux comme le monde. On l'rallumera pas qu'une fois, parcequ'la source est profonde, et qu'l'humain a la bouche comme une fronde. Cherche pas la graisse en trop c'est du rap squelettique, il reste que l'tempo sur les os reste que l'pattern et l'sale flow, y'a pas besoin d'autre chose, juste une rythmique et un propos donne moi un boulevard ou une canopée, j'ai rien à envier aux tambours sorciers quand s'agite ma langue d’excité. Et qui dois-je citer quand celle-ci va puiser Dans des influences cosmiques multiples et variées. Refrain Et depuis combien d'temps l'humain s'libère avec la parole décolle du sol, nous sort sa tchatche et les lyrics qu'il bricole la langue pendue et l'doigt tendu vers les licols qu'on lui colle habile à cramer les symboles tchatcher, crier, chuchoter, rapper, slamer, clamer, déclamer, réclamer,décrire, blablater, contredire, argumenter, bafouiller, postillonner, chanter, hurler, putain hurler ! Hurler !
3.
Et si on déteste les tubes qu'est-ce qu'on fait ? Et ben 1) On vire tous les refrains 2) On pose sa voix sur rien ou on attend éventuellement qu'Seb nous sorte un inconcevable son d'chien 3) On crache nos 7 minutes de flow indigeste, dans cette langue indigène que tant d'cerveaux captent à peine, merde ! l'humain a d'la veine, quand son cœur insoumis fait des siennes et traduit les mots incompris, la poésie du ressentit t'agrippe les tripes à c'qu'on dit, encore faut-il que celle ci se fraie un chemin jusqu'ici 4) On ferme les yeux sans méfiance, au contraire avec (une énorme) confiance que la transe te rende (50 fois au moins) l'énergie qu'tu lui lance 5) On cherche les nuits zébrées d'éclairs, les vasques d'eau claire, les odeurs d'humus et de terre que la pluie vient réveiller au carrefours des lisières 6) On laisse carte blanche à toutes ces nuits blanches pour remplir nos feuilles blanches, et t'excuses surtout pas si ça tranche, si la nuit te donne des flows étranges, des beats et des sons étranges que la chair engrange, la diversité et l'mélange se vengent, et quel putain d'puriste ça dérange ? Lui-même sait-il combien l'arbre du hip-hop a de branches, et combien de poêtes-bâtards-B-boys relèvent leurs manches et viennent pour péter les planches ! 7) Ne faites pas cette tête, le pain quotidien est traître, les habitudes ainsi faites, qu'elles verrouillent portes et fenêtres et si vite l'âme s'empêtre. Alors l'homme aspire à la tempête, respire quand l'éclair du son frappe, passe pour un fous peut-être, mais s'en tape ! 8) Depuis toujours on s'acharne à décrire ce qui relie un type à son immense cosmos du fond des tripes, et on recherche ces passerelles intérieures avec fureur, avec ferveur, avec foi au cœur, avec feu à l'intérieur, tant on est camé au souvenir de cette lueur 9) On pratique l'art des « à l'arrache », le folklore du peuple bidouille, donc t'étonne pas si tout est bancal et part en couille ! 10) En conséquence et non par principe, on danse sur la carcasse encore fumante de l'égo-trip, et ouais entorse méchante au schéma type, la démarche chancelante, mais assumant toujours autant de n'pas être le représentant d'mon équipe 11) Alors on sort les chants profonds, les kiffs des nuits passées sans plafond, sinon celui d'un ciel étoilé dans lequel j't'incite à aller planter ton nez, dans lequel j't'invite à aller récolter réconfort, conjurer l'sort et l'spleen, avec une immense voie lactée incrustée dans la rétine 12) Non en fait, on oublie cette liste ou on la brûle, pas d'plans, pas d'recettes, pas d'formats, pas d'normes, (pas d'codes), pas d'étiquettes.
4.
Outrage 04:34
J'habite pas au cœur du sauvage mais à deux pas d'la brousse n'y ai jamais croisé ces clichés pittoresques que nos télés éclaboussent les danses grotesques dont on nous abreuve tous leur « saga africa » à la con dont on nous a venté les secousses en fait cet imaginaire collectif me fiche la frousse, fabrique des fantasmes, pourvu qu'un jour un peu d'respect les balayent tous et rende un peu d'fierté aux peuples qu'on détrousse, pendant qu'le civilisé s'tourne les pouces Et si vous lisez mal entre les lignes, j't'explique les classiques de l'art le cinéma s'marre : les bronzés bouffent du fromage qui pu chez les montagnards ça danse le break chez les banlieusards et tintin nous sauve l'afrique noire puis t'échappes pas non plus aux pubs à la con sur fromage basque et jeunes bergers mais qu'est-ce qu'un pauvre acteur mal déguisé espère nous faire gober ? que Lactalys soutient l'élevage ? qu'ils kiffent les beaux paysages ? Arrête leur plan c'est juste que l'économie locale s'engouffre dans la cage et est-ce qu'on essaie de camoufler les deux ou trois re-lou qui ne pensent qu'à moufeter ? Que dalle ! Même pas besoin, leurs bouquins s'enterrent sous la poussière d'une étagère d'un fond local d'une de nos minuscules bibliothèques municipales et qui ne préférera pas un bon bouquin d'cuisine à la Maïté ? Accompagné d'un peu d'Oasis pour l'goûter « et qu'est-ce tu bois doudou dis-donc ? » t'inquiètes, un cocktail explosif de clichés bidons à en croire le civilisé, le sauvage est si vil et rusé, soit rustique soit frisé, soit pu la bouse à plein nez, ou alors c'est un sage, il sait prévoir l'orage, il utilise un dicton millénaire à chaque fin de phrase le chois c'est donc : indien ou touriste tintin ou astérix yakari ou bidochon et si à tes risques et périls tu choisis le hors-pistes tu perds en lisibilité et chute dans l'estime de certains journalistes qui préfèrent : peaux d'mouton et béret peaux d'lion et sagaies flute en bois et bergers baobab et djembés charmant village paumé faune sauvage et pygmées personnages de musée ou indigènes maquillés c'est accent mal imité accent mal imité accent mal imité accent mal imité accent mal imité tant d'conneries à éviter caricatures, calamités la carte postale est mitée et les mythos de tout bord (dont moi) venons fracasser nos rêves ici, citadin écœuré de trop de densité percute que son pseudo paradis se désertifie s'adapte à la sauvagerie du far-west français ou rentre chez lui idem pour ces jeunes de foyers cassés placés ici en séjours courts pour respirer pas d'bol ! La jungle urbaine manque à leurs poumons beaucoup d'arbres ici et pas assez d'béton dans ces patelins à la con chacun ses repères alors, depuis la capitale ou l'fond des bois chacun son paysan et son bamboula chacun ses rumeurs sur l'autochtone cannibale d'où qu'il soit qui boufferait de l'étranger au casse-dalle méfis-toi ! Et vu que c'est trop re-lou de tout l'temps avoir à gamberger on laisse nos cultures héberger un bon vieux racisme à peine immergé l'art, les médias et l'humour viendront s'y engouffrer putain ! Trop réfléchir les étoufferaient ! Et qu'est-ce qu'on ferait pas pour un arc de triomphe ou une pyramide ? On en fait pas autant pour des cultures plus timides celles qui se jurent de n'pas laisser trop de traces de leur passage et que par définition on qualifie de sauvage, alors j'rêve de ré-écrire quelques pages de ces dictionnaires d'un autre age qui portent en eux l'héritage bien centraliste d'un langage qui malgré sa banalité, transpire et perpétue les stigmates de l'outrage.
5.
Ok ! Le radeau des médusé(e)s n'est pas beau à voir non plus, le rafiot des étonné(e)s, des têtu(e)s, les sceptiques du ciel, la nef des fêlé(e)s, le crew des athé(e)s convaincu(e)s qui ont botté l'cul des paradis perdus et tu crois qu'ils arborent une bonne tête de vainqueurs une fois l'illusion disparue ? Pas sûr... mâte la tête des mecs dont même la fierté s'fissure faces déprimées qui s'imaginaient p't'être que l'réel rassure ? Demande leur c'que fait homo sapiens philosophe quand il a croqué tout ces espoirs d'au-delà, « et ben il croque dans l'présent à pleines dents ! » ouais, il paraîtrait que parfois ça suffit pas à calmer angoisse et eczéma, Quand volent en éclats leurs folles fables pour affronter la fin ; ça annonce rien de moins qu'un carnage de chair putain ! D’après eux les asticots grignotent tout : âmes et intestins La rationalité d'un putain d'festin. Il paraît qu'la barque des évadé(e)s de dieu n'aurait pas (non plus) l'aspect cossu du yacht des croyants convaincus, merde ! Si j'avais su ! À la longue vue on y aperçoit les dents perdues de tous ces matelots athées atteints de scorbut. Y'a eu un refus formel de tout c'qui touchait à d’irrationnels canots de sauvetage, bien avant les premières rumeurs de naufrage, En mer sauvage, l'athée militant approche donc l'autre rivage à la nage. Paraît d'ailleurs qu'ils dérouillent pas mal à l'approche de la faucheuse sans béquilles et sans croix, mais il paraît qu'tout l'monde dérouille en fait, et sur ces radeaux là on raconte qu'une vie de liberté ne supporterait pas le poids trop relou de la foi, et puis à quoi bon mourir avec sourire aux lèvres ? Si c'est pour accepter d'vivre une vie de mouton ou d'chèvre, « Ni dieux, ni maîtres » qu'ils disent, surtout s'il est odieux et traître, envieux et scrupuleux à la lettre et seulement apte à nous envoyer paître. Et puis y'a surtout la solitude ! Merde ! Ça t'interdit un mouvement la solitude ça inhibe la certitude de chier sur leur servitude, parce que tu sens bien que leur communion à la con a quand même du bon Allez disons qu'entre un chaleureux concert de gospel et un coloc sur l'athéisme où on s'pelle, faut être fêlé pour choisir le gel, la tempête et la grêle d'une philosophie rationnelle qui crache à la gueule du surnaturel surtout qu'l'union fait la force mais pas forcément la lucidité, « et la solitude connard ! Qu'est-ce qu'elle fait ? » pourvu qu'elle te refile pas le regard rageur du naufragé, l'aigreur du découragé, la haine furieuse du taré. Et sûr que certains essaieront de s'unir sous la bannière « ni dieux, ni maîtres ! » mais ça ne se simule pas un cri comme ça, ça sort du bide, c'est une allergie aux brides même quand apparaît en fin d'parcours un goût âpre et acide Et sûr que certains regretterons p't'être leurs « ni dieux, ni maîtres ! » mais ça n'se dissimule plus ce cris lucide même quand en fin d'vie, se pointe vertige et frousse du vide !

credits

released April 2, 2016

Paroles : Bruno Viougeas
Musique et réalisation : Sébastien Tillous
2, 3, 4 et 5 co-mixés par Gregory Estrada
Masterisé par Gregory Estrada
Voix enregistrées par Pier Belmont à Ampli Billère
sauf 1 enregistrées par Gregory Estrada at home
Batterie de 2 enregistrée par Pier Belmont à Ampli Billère
Conception graphique : la Bonne Adresse www.labonneadresse.graphics
Photos : Jean-Luc Vertut www.jlvertut.com

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L'Envoûtante Pau, France

One voice, one drums. Rock without guitar, Rap without dee-jay, some electronic scapes that tent towards ambient Trip-Hop. Less material for more expressive power. Wild paths to reveal brightness in deep.

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